nous
sommes Les
Enfants
du
Paradis |
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Nous sommes LES ENFANTS DU PARADIS.
En hommage au film de Marcel
Carné
En hommage à ses interprètes, comédiens que nous admirons
En hommage au public auquel nous nous adressons,
les petites gens, qui dans ce film s'agglutinaient au paradis,
ce balcon à bas prix d'où l'on voit mal.
Et surtout pour l'un d'entre eux, furieux, criant à ceux qui
ont les moyens de se payer le parterre du théâtre : |
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"Vos gueules en bas on n'entend pas la
pantonime !"
Celui_là sait les couleuvres, les guignes, et d'autres
sarcasmes qu'on lui fait avaler chaque jour, et c'est pourquoi ilveut
entendre la pantonime, car par elle il peut saisir la misère qui
l'assaille.
Nous ne sommes pas des anges
Nous travaillons pour un théâtre d'éveil et de révolte :
Les enfants du paradis
Deuxième époque |
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Accomplir
l'acte théâtral, c'est d'abord l'interroger puis l'adresser au public.
Nous ne sommes pas là pour plaire, nous sommes là pour éveiller
la pensée et le désir.
Comédiens, nous sommes à l'endroit de l'éthique, non de la technique,
de la déformation, non de la formation. Pluriels et polymorphes
dans nos créations, il nous faut toujours inventer, rester disponibles.
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Dans
le délice du mieux dire, nous cherchons de nouveaux langages, aux
croisements d'expressions artistiques, où la parole politique convole
avec la poétique.
Face à un discours ambiant qui se cristallise, face à une société
qui se veut pacificatrice où nous serions tous condamnés à l'immobilisme,
plutôt qu'être originaux, nous cherchons à êtres singuliers. |
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Notre
éthique :
Arletty dans le film de Carné.
Souvenez-vous...
Un bonimenteur harangue les badauds :
" Entrez, la vérité est ici. Entrez, venez la
voir et quand vous l'aurez vue vous y penserez le jour, vous en
rêverez la nuit."
Derrière le rideau d'une baraque de foire, dans
l'eau d'un bassin, Garance, un miroir à la main représente la vérité
toute nue mais seulement jusqu'aux épaules.
Le spectateur qui entre dans la baraque espère découvrir toute la
vérité.
Nous ne pouvons montrer la vérité hors du puits, et nous savons
qu'il est stupide de s'y jeter pour l'atteindre. Notre théâtre cherche
à révèler dans l'oscillation de l'eau et le reflet du miroir ; donc
à produire de l'étrangeté, de l'inattendu, de l'insaissable.
Lui, le spectateur, il s'éveille à cette folie utile, le théâtre,
comme à la pensée qui le serpente et au désir qui le tourmente. |
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